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Angers La Roseraie

PRÉSENTATION

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Un quartier à un tournant de son histoire

« Diversifié sur le plan sociologique et environnemental, avec beaucoup d’espaces verts, porté par une vie associative riche, La Roseraie a longtemps bénéficié d’une bonne image », estime Frédéric Béatse, adjoint à la mairie d’Angers en charge des quartiers.

Malgré ces atouts, le quartier a pris de plein fouet la crise économique des années 1990, avec notamment un taux de chômage fort : culminant à 18 %, il est deux fois plus élevé que celui de la ville d’Angers dans son ensemble. Avec pour conséquence des conditions de vie difficiles pour de nombreux foyers, qui sont 20 % à vivre sous le seuil de pauvreté. A cette dégradation sont venues s’ajouter d’autres mutations, plus sociologiques cette fois, comme la multiplication des familles monoparentales et le développement de l’échec scolaire : 40 % des élèves y entrent en 6e avec un retard scolaire, contre une moyenne de 25 % à l’échelle du département.

Une dynamique locale forte

Mais en dépit ces problèmes, La Roseraie affiche toujours une dynamique locale forte, grâce à l’engagement d’habitants qui restent attachés au souhait d’un « mieux vivre ensemble » dans des logements loi Pinel à Angers. En témoigne l’Interassociation, créée en 1999 suite à la rencontre de nombreux acteurs du quartier (associations, travailleurs et bailleurs sociaux, services de la Ville). Prenant acte des maux dont souffre le quartier, ces intervenants se sont réunis au tout long d’une année de dialogues, discussions et propositions, pour aboutir à un constat : les associations présentes sur La Roseraie (environ 120 !) devaient agir conjointement, autour d’objectifs communs. Cette union a permis la réalisation d’actions significatives, comme la réalisation d’un annuaire regroupant les coordonnées de toutes les associations et institutions présentes sur La Roseraie, ou l’exposition d’une centaine de panneaux, au centre Jean-Vilar, retraçant l’histoire du quartier. Le centre Jean-Vilar, justement, pôle à la fois culturel et sportif, se situe au carrefour de cette riche vie locale. Accueillant des activités pour tous publics, il est le lieu de croisement de tous les habitants, quel que soit leur âge, leur activité ou leur culture, qui participent directement à la gestion du lieu, en ayant la responsabilité de certains services, comme la cafétéria.

Des habitants mobilisés

Cette dualité entre difficultés de vie et volonté commune d’améliorer le quartier s’est illustrée lors des émeutes qui, en novembre 2005, ont enflammé nombre de zones sensibles à travers toute la France. « C’est vrai, lors de ces événements, un centre commercial de La Roseraie a été incendié », rappelle Frédéric Béatse. « Mais en réaction, les habitants se sont mobilisés, apportant à domicile les provisions des personnes isolées et peu mobiles, qui étaient en difficulté pour faire leurs courses. »

L’opération de renouvellement urbain

À un carrefour de son histoire, entre le risque de voir la situation s’aggraver et le souhait partagé d’améliorer les conditions de vie de tous, l’opération de renouvellement urbain, initiée en 1999, constitue « un traitement de choc », considère l’adjoint au maire. Ainsi, sur les 326 millions d’euros alloués, par la convention de 2004, au programme de rénovation urbaine lancé sur Angers, 103 millions concernent le seul quartier de La Roseraie. « C’est la plus importante dotation sur la ville », souligne Frédérice Béatse. La majeure partie de ces fonds (72,9 millions d’euros) sont destinés au renouvellement d’un parc social important, mais vieillissant : sur les 2 279 logements sociaux que comptait La Roseraie fin 2004, 69 % ont été mis en location avant 1974. Restructuration du centre Jean-Vilar, construction d’une nouvelle résidence pour personnes âgées, redéploiement de l’offre commerciale à travers plusieurs centres de proximité, dynamisation économique, avec notamment le développement d’entreprises de services en pieds d’immeuble… ce sont tous les aspects de la vie quotidienne qui sont concernés par la mutation en cours. Ce rapide panorama ne serait pas complet sans évoquer le passage par La Roseraie de la première ligne du tramway angevin, en 2010, qui sera l’occasion d’une refonte paysagère des principales artères du quartier, avec le souhait d’accroître l’espace réservé à la végétation.

Bâti sur d’anciennes zones horticole jardins.jpgMalgré la construction de grands ensembles d’habitats collectifs (Belle-Beille, Monplaisir…), Angers doit alors faire face à une véritable crise du logement, provoquée par l’afflux massif de nouveaux habitants, à une époque d’urbanisation galopante. La décision d’élever une ZUP (zone à urbaniser en priorité) au sud d’Angers est alors prise par le conseil municipal, en 1965. Déjà, pourtant, les limites des programmes précédents sont connues (uniformité de l’habitat et du tissu social, maillage insuffisant des équipements et services publics). La Roseraie se doit donc d’être différente. Le quartier mêle habitat collectif et individuel, bailleurs sociaux et opérateurs privés. Et au-delà des espaces réservés au logement, dès son origine, La Roseraie conserve de nombreux petits parcs et ilôts de verdure. Le jardin de l’Arboretum et le parc du Hutreau, à proximité, complètent l’image d’un quartier où la nature a gardé droit de cité.

La Roseraie prend forme peu à peu

Réalisées en plusieurs tranches, les constructions s’étirent de 1966 aux années 1980. La Roseraie prend forme peu à peu, s’étire vers l’est, jusqu’à la route des Ponts-de-Cé, via la zone d’activités d’Orgemont. Cette dernière, à côté de zones d’habitation, implante dans le quartier des activités tertiaires et industrielles non polluantes. L’idée de mêler sur un même secteur différents types d’occupation (logements, entreprises) est déjà présente. histo-1.jpghisto-2.jpg

Ce mixage doit permettre d’ouvrir le quartier sur le reste de la ville, en y assurant le passage quotidien de populations extérieures, afin que les habitants ne vivent pas repliés dans une sorte de ville dans la ville. Des équipements culturels et sportifs sont également réalisés, contribuant à éviter l’écueil d’une « cité-dortoir ». A la fin des années 1980, la ZUP sud, c’est 6 500 logements et près de 20 000 habitants. L’équivalent d’une ville moyenne.

Dès les premières années de son urbanisation, La Roseraie se caractérise par une vie associative forte, marquée par l’engagement des habitants. En 1970 est ainsi créée l’Union des associations du quartier sud. Elle devient un acteur actif du quartier, interlocuteur de la Ville sur tout ce qui se fait et se met en place sur La Roseraie. L’Union des associations créée même son propre journal : Sud Contact. Très tôt, elle met au menu de ses activités le développement de moyens d’animation, d’éducation et de formation, et contribue à dynamiser les équipements du quartier. En 1977, l’Union compte une quarantaine d’associations adhérentes, investies notamment dans le sport et la culture.

Toujours en 1977, c’est l’arrivée d’une nouvelle équipe à la tête de la municipalité angevine. Elle souhaite renforcer la politique sociale de la ville, et donne des orientations destinées à dynamiser les quartiers. Cette volonté d’intervention va parfois déranger certains acteurs associatifs, à une époque, le début des années 1980, où les effets de la crise socio-économique commencent à se faire sentir : le bureau de l’Union des associations démissionne, en 1983, tout comme le premier directeur du centre d’animation Jean-Vilar, en 1989. Le quartier, entre-temps, a continué à grandir : en 1990, La Roseraie compte 7 900 logements, dont 75 % de logements HLM. C’est le second quartier d’Angers par le nombre d’habitants.

Les difficultés rencontrées à la fin des années 1980 ne freinent pas la volonté d’implication des associations et habitants de La Roseraie. Bien au contraire, au cours des années 1990, décennie marquée par la hausse du chômage, où le sentiment d’insécurité fait son apparition, ces derniers comprennent qu’ils doivent travailler avec les partenaires publics pour améliorer ensemble la vie du quartier. C’est donc naturellement que ces partenaires locaux s’impliquent dans l’élaboration de l’opération de renouvellement urbain (ORU) actuellement en cours sur La Roseraie.